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Un destin dans la guerre : Commandant Louis Bossut (1re partie)

Pour appuyer l’aile droite de l’offensive sur le Chemin des Dames, Nivelle a décidé, contre l’avis du général Estienne, d’engager les chars français dans le secteur de Berry-au-Bac au nord-ouest de Reims pour soutenir le 32e corps d’armée. A la tête de ces unités, un officier français atypique : le commandant Louis Bossut.

Originaire du Nord de la France, Louis Bossut est né en 1873 à Roubaix. Après des études chez les Jésuites, il obtient son baccalauréat (1891) et tente d’entrer à l’Ecole Navale. Malheureusement, sa vue défaillante l’empêche d’accéder à la prestigieuse école et le contraint à porter un monocole. Il décide donc de s’engager dans la cavalerie le 7 juillet 1892 au 19e régiment de chasseurs à cheval. Simple cavalier, il gravit tous les échelons hiérarchiques jusqu’en 1895 où il est maréchal-des-logis. Il est repéré par l’inspecteur général Féraud qui le décrit ainsi : « allure distinguée, hardi, virgoureux cavalier, esprit original, doué d’une vive intelligence, d’une nature sensible, ardente, généreuse et enjouée (…) Bossut est le type prédestiné de l’officier de cavalerie accompli.« 

Il est donc détaché comme élève-officier à l’Ecole de cavalerie de Saumur en 1898 et 1899. Il sort avec le grade de sous-lieutenant et rejoint le 22e régiment de dragons à Sedan. En 1909, il est promu au 14e régiment de dragons à Reims où il épouse Emme Marie Thuillier. Il s’adonne également à sa passion, les courses hippiques au cours desquelles il se distingue. Pendant près d’un an (mars 1912-janvier 1913), il prend même un congé sans solde pour pouvoir se consacrer entièrement aux courses. Lorsqu’il revient au service actif, il est incorporé au 1er régiment de dragons (3e escadron) dans lequel sert également sous ses ordres un certain maréchal-des-logis Jean Renoir. Celui-ci s’inspirera probablement de lui pour le personnage du capitaine de Boëldieu (incarné par Pierre Fresnay) dans son film La Grande Illusion.

Lorsque la guerre éclate, il se distingue dès les premiers combats, ce qui lui vaut une première citation à l’ordre du régiment : « Au combat de Neufchâteau en Belgique a été tout seul sous le feu de l’ennemi chercher un cavalier de son escadron qui venait d’être blessé et le 9 septembre au combat à pied devant Mailly a maintenu son escadron sous le feu de l’artillerie allemande de 6 à 16 heures avec une bravoure qui a fait l’admiration de tous« . Il est à nouveau cité à l’ordre de l’armée en novembre 1914 pour avoir été rechercher le corps d’un de ses sous-officiers resté dans les lignes allemandes. En février 1915, Joffre en personne lui remet la Légion d’honneur au cours d’une revue de la 9e division de cavalerie. Il sera de nouveau cité en avril 1915, cette fois à l’ordre de la division, pour son attitude aux tranchées de 1re ligne. Mais la guerre de positions ne convient pas à son tempérament et à ses aspirations. Aussi, à l’instar d’autres officiers de cavalerie, il se porte volontaire en octobre 1916 pour intégrer les chars de l’artillerie d’assaut au sein du 81e régiment d’artillerie lourde, première unité administrative de l’artillerie spéciale.

A suivre…

SYLVAIN FERREIRA

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