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La Grande Guerre dans la BD : une nouveauté éditoriale

Le corpus des bandes dessinées qui traitent de la Grande Guerre est considérable. Et mérite qu’on s’y attarde à travers un ouvrage complet, séduisant et didactique, commandité par le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux. Rencontre avec son auteur Luc Révillon, historien spécialiste de la bande dessinée.

Il vient de paraître à l’occasion du Centenaire : La Grande Guerre dans la BD, un siècle d’histoires retrace l’histoire du traitement de la Première Guerre mondiale dans la bande dessinée de 1914 à 2014, sous tous ses aspects – sociaux, économiques, médicaux, psychologiques, etc. – et se positionne ainsi comme un ouvrage de référence.

Le Mag : Comment est née l’idée de ce livre ?

Luc Révillon : Je suis venu au Musée de la Grande Guerre en 2012 pour donner une conférence sur la représentation du soldat dans la bande dessinée. Je n’ai pas pu tout dire, mais j’ai senti l’équipe du musée réceptive à aller plus loin. Avec la perspective du centenaire, l’idée est venue de concevoir cet ouvrage qui propose un point de vue original.

En quoi est-ce original ?

L’idée initiale était de traiter de la bande dessinée publiée pendant la Grande Guerre, donc en s’appuyant sur les collections du musée. On n’imagine pas l’impact que la bande dessinée a pu avoir sur son lectorat pendant la guerre : quantitativement ce sont des millions d’enfants qui ont été marqués par ces illustrés. En élargissant le sujet jusqu’à aujourd’hui, cela a permis de souligner que l’idéologie contenue dans les récits nous enseigne sur les mentalités de chaque époque. Le contexte de publication est primordial : avant c’était la guerre aux Boches, maintenant c’est la guerre à la guerre.

C’est en partie lié à une nouvelle génération d’auteurs…

Bien sûr ! Citer Tardi était une évidence, c’est un véritable pionnier. Je trouvais également pertinent de présenter Pat Mills et son travail sur Charley’s War. Mais j’avais envie d’interroger la nouvelle génération avec Olivier Supiot ou Kris. Suite au décès de Lazare Ponticelli, cette génération s’intéresse à cette guerre qui lui paraît horrible et incompréhensible. Ces auteurs veulent crier leur refus de la guerre tout en essayant de la comprendre. Ils ont une approche artistique nourrie d’histoire. Ils font de la fiction, mais ils s’inspirent de lectures, de films, de musées… pour donner leur propre regard sur ce conflit. Pour autant, il faut veiller à ne pas prendre la fiction pour de la réalité : ça reste la vision d’un artiste. Mais au final, la bande dessinée est un média qui peut amener des gens qui ne liraient pas des livres d’histoire à s’intéresser à la Grande Guerre.

Qu’apportent-ils de nouveau ?

De nouveaux thèmes comme la notion de traumatisme, très présente ces dix dernières années. Ou des sujets tabous comme la sexualité. Mais il reste encore un thème à développer pour l’avenir : les civils pendant la guerre, car ce sont les grands absents des récits. Comment avez-vous travaillé sur cet ouvrage ? J’avais déjà abordé le sujet en 2008. Cette fois-ci, en collaborant avec le musée j’ai pu avoir accès aux collections. J’ai particulièrement apprécié de travailler sur Les Trois Couleurs, car j’ai pu dépouiller 90 % de la publication. C’est une grande richesse pour comprendre les états d’esprit en temps de guerre.

Propos recueillis Par Michel Rouger

La Grande Guerre dans la BD, un siècle d’histoires, Beaux-Arts Éditions / Musée de la Grande Guerre, 240 pages, 29 €. Préface de Jean-Yves Le Naour, couverture originale de Maël. Disponible à la boutique du musée.

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