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La logistique canadienne à Vimy

Lorsqu’on évoque l’art de la guerre, on oublie trop souvent d’évoquer le rôle crucial de la logistique, rôle devenu pourtant incontournable au cours de la Grande Guerre. Aussi, pour mieux comprendre l’une des opérations les plus prometteuses du printemps 1917, l’attaque canadienne de la crête de Vimy, voici une présentation de l’effort logistique préalablement réalisé par les Canadiens.Au sein du Corps canadien du général Byng, c’est au brigadier-général George Farmer, qui occupe le poste de chef de l’administration et de logisticien, que revient la responsabilité d’organiser à partir de janvier 1917 l’ensemble de l’approvisionnement du Corps en vue de l’offensive sur Vimy. Chaque jour, les Canadiens reçoivent 8 trains de 370 tonnes chacun, chargés de munitions (4 trains), de matériel du génie (1 train), de matériel de construction de routes (1 train), d’approvisionnement (1 train) et de fourrage (1 train). Les cargaisons sont déchargées dans des dépôts et acheminées ensuite par la route ou des voies ferrées à petit écartement (le réseau s’étend sur 20 km), comme c’est le cas pour toutes les munitions d’artillerie.

Acheminement d’obus à dos de mules sur les routes détrempées. (Crédits : archives du Canada)

Le réseau routier s’avère insuffisant pour assurer le transport des autres provisions et une route de planches de 10 km est ainsi construite pour pallier ce problème. Sur les routes, le transport est assuré par plus de 50 000 chevaux et mules car les camions ne sont pas disponibles en nombre suffisant et, ironie du sort, ils servent essentiellement à transporter le fourrage. Les vétérinaires doivent soigner plus de 1 000 bêtes par jour en raison des maladies et des nombreux accidents.

Des camions progressent sur la route de planches (Crédits : IWM).

Plus de deux millions de litres d’eau sont nécessaires pour les hommes et les bêtes. Ils sont fournis par six réservoirs construits spécialement à cet effet et 24 stations de pompage. Un pipeline de 72 km permet l’acheminement. Près de la ligne de front, on trouve même un réservoir de 227 500 litres à 12 m sous terre. En ce qui concerne les munitions pour l’offensive, Farmer a rassemblé 24 millions de cartouches pour les armes d’infanterie, 450 000 grenades et plus d’un millions d’obus uniquement pour les canons de 18 livres. Mais les prévisions de Farmer ne s’arrête pas là puisqu’il veille à ce que les soldats soient fournis en tentes, vêtements et latrines pour leur confort, sans oublier bien sûr la nourriture, les lames de razoir, le savon et de quoi écrire. Il est clair que la réussite des Canadiens doit autant à leur courage qu’à la préparation logistique minitieuse du général Farmer.

SYLVAIN FERREIRA

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