Aimé Giral … pour celles et ceux qui sont amateurs de rugby ce nom résonne car il s’agit du nom du stade de rugby à XV de Perpignan, siège de L’Union Sportive des Arlequins Perpignanais ou USAP. Cependant, derrière ce nom se cache l’histoire d’un joueur et de son équipe mais aussi plus largement de son sport.

3 Mai 1914 : un jeune demi d’ouverture de 18 ans, Aimé Giral, donne la victoire à son équipe, à savoir l’Association Sportive Perpignanaise, à la finale du championnat de France de rugby. Novembre 1914 : ce même Aimé Giral est mobilisé au 80ème Régiment d’Infanterie de Narbonne en qualité d’aspirant. Il rejoint alors son régiment dans les Flandres sur l’Yser puis dans ses combats de la cote 196 au nord du Mesnil-Lès-Hurlus dans la Marne avant d’être affecté dans la Somme dans le secteur de Suippes où il meurt le 22 Juillet 1915 des suites de ses blessures de guerre à l‘ambulance 7/16.

Malheureusement son sort n’est pas isolé. En effet, parmi l’équipe 1 de l’Association Sportive Perpignanaise victorieuse en 1914, 6 autres membres sont mort durant le conflit à savoir : J.Couffe, M. Gravas, F.Fournier, J.Lyda,F.Nauté et R.Schuller. En élargissant le constat aux équipes de réserve et aux encadrants de cette équipe et de l’autre équipe de rugby de Perpignan le Stade Olympien Perpignanais, nous arrivons à un total de 49 morts, majoritairement entre 1914 et 1916 dont 6 morts dans le secteur de Zillebeke en Belgique en novembre 1914 au sein du 53ème Régiment d’Infanterie de Perpignan et 5 dans le secteur de la Main de Massiges dans la Marne en 1915 .

En comparant ces résultats locaux avec le travail de Michel Merckel et notamment son livre 14 – 18, le sport sort des tranchées ( 2017 ) , il est possible de constater que ce phénomène n’est pas isolé avec 424 sportifs de haut niveau français morts dont 121 joueurs de rugby. Ainsi, plusieurs clubs français sont touchés durement par ce conflit comme le Stade Toulousain qui compte 81 morts dans ses rangs ou Toulon qui en compte 28. Aussi, sur le XV de France de 1914 composé de 23 internationaux en 1914, seuls 4 sont présent à la reprise des compétitions internationales en 1920. Un constat parallèle est possible avec les 21 morts du XV écossais de 1914 et les 13 chez le XV néo zélandais, les célèbres All Blacks. D’ailleurs, depuis 2000 le trophée qui récompense l’équipe victorieuse du premier match de l’année entre le XV de France et les All Blacks a été renommé Dave Gallaher en l’honneur du capitaine de cette équipe mort pendant la Première Guerre Mondiale.