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24 avril 1915, la rafle de Constantinople ou le début du génocide arménien

En déclenchant une rafle de l’intelligentsia arménienne à Constantinople, le gouvernement des Jeunes Turcs entamait le processus légal de destruction du peuple arménien.

Le 24 avril, Taalat Pacha, ministre de l’intérieur, ordonne l’arrestation de tous les intellectuels arméniens dans la capitale. L’opération démarre le jour même et aboutit à l’arrestation de 235 à 270 personnes. Parmi eux des médecins, des membres du clergé, des journalistes, des avocats, des politiciens et même des députés, bref l’élite de la communauté arménienne. L’opération se prolonge dans les jours qui suivent et on compte plus de 2 300 arrestations. Il n’y aura quasiment aucun survivant.

Instruction_of_the_Ministery_of_the_Interior_on_april_24

Ordre d’arrestation des élites arméniennes de Constantinople signée par Taalat Pacha

Cet épisode tragique est considéré comme la date symbolique du début du génocide arménien. Néanmoins dès la fin du 19ème siècle (1896-1898) des massacres d’une ampleur jusque là inconnue ont eu lieu dans l’Empire ottoman et ont déjà fait plus de 300 000 morts, détruits des milliers de villages, de monastères et d’églises. En 1909, avec la prise de pouvoir des Jeunes-Turcs d’autres massacres ont eu lieu en Cilicie et ont fait 30 000 morts.

Il est aujourd’hui avéré que le gouvernement a, dès février 1915, conçu un plan, maintenu secret jusqu’en avril, de liquidation de la population arménienne. Ce plan touchera d’abord, et fort logiquement, les soldats arméniens qui combattent dans l’armée et dont la loyauté est pourtant reconnue par Enver Pacha, le Ministre de la Guerre. Après l’opération du 24 avril, les autres grandes villes de l’Empire voit se répéter les mêmes scènes d’arrestation des élites arméniennes puis ce sont les populations rurales qui sont atteintes.

Le 15 septembre 1915, la légalisation institutionnelle du génocide prend forme par ce télégramme de Taalat Pacha, le Ministre de l’Intérieur : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici. » Il précisera les intentions gouvernementales dans un second télégramme : « Il a été précédemment communiqué que le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeront à cet ordre ne pourront plus faire partie de l’administration. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, si tragiques que puissent être les moyens d’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence. »

Le génocide détruira 77% de la population arménienne, soit environ 1,2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

SYLVAIN FERREIRA

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