À l’occasion de la valorisation du « Circuit Bataille de la Marne 1914 », Damien BLANCHARD, Directeur des éditions Fiacre et Jean-Christophe PONOT, Président des Amis du Musée de la Grande Guerre ont décidé de rééditer les livrets de Fernand LEBERT « L’invasion dans le nord de la Seine-et-Marne, 1914 ».

Parmi la littérature, nombreuse, qui traite de la période, nous avons choisi de donner à nouveau, au plus grand nombre, un récit relatif à la première bataille de la Marne qui s’est déroulée aux portes de Meaux, au tout début du mois de septembre 1914.

Ce texte a été rédigé par Fernand LEBERT, un érudit connu à Meaux pour ses fonctions associatives et ses remarquables travaux historiques. Il fut professeur au collège, bibliothécaire et conservateur du musée de Meaux. 

Ce projet est né de la volonté commune de remettre en valeur un récit sur cette époque troublée du pays meldois. Il n’aurait d’ailleurs pu voir le jour sans le concours précieux de la Société Historique de Meaux et sa Région.

Selon nous ce témoignage devait être redécouvert par les générations actuelles afin de mieux appréhender et mieux comprendre l’histoire de notre territoire.

Le passionnant travail de Fernand LEBERT est intimement lié au Musée de la Grande Guerre et cette réédition ne peut qu’inciter le public à pèleriner sur les hauts-lieux d’une histoire qui fait plus que résister aux turbulences du temps qui passe…

Préface de Jean-Pierre VERNEY

Quelques mois seulement après la décisive bataille de la Marne, c’est « à chaud », alors que le conflit se poursuit, que Fernand LEBERT recueille dans les communes des souvenirs sanglants et glorieux des témoins encore fortement marqués par les événements, tandis que certaines maisons portent encore les traces des combats. 

Huit fascicules – concernant seize lieux principaux et quelques écarts – sont publiés, en livraison, sous le titre général de L’Invasion dans le Nord de Seine-et-Marne, 1914. 

On retrouve ainsi : Barcy 1916 ; Chambry 1916 ; Chauconin 1916 ; Douy-la-ramée 1917 ; etrépilly 1918 ; Germigny-l’evêque 1918 ; Marcilly 1916 ; Montceaux-lès-Meaux 1918 ; Neufmontiers 1916 ; Oissery 1917 ; Puisieux 1917, ; Saint-Pathus 1917 ; Saint-Soupplets 1917 ; Trilport 1918 ; Varreddes 1916 ; Villeroy 1916. 

Livret original sur la charge des zouaves à Etrepilly

Ne disposant que d’un nombre fort limité de travaux concernant un sujet d’actualité, Fernand LEBERT utilise habillement des documents officiels (estimation des pertes des villages, délibérations municipales, etc.), et publie de larges extraits de carnets de route et de relations de soldats, parfois fournis directement par les maires des communes concernées. Puisant dans les journaux nationaux et locaux et, surtout, entreprenant une enquête de terrain, il recueille souvenirs et impressions des édiles et des villageois, témoins et parfois même acteurs des événements, à l’instar des otages de Varreddes. 

Mais les plaies ne sont pas refermées et, incontestablement, sans le filtre de la critique, son récit patriotique et passionné, parfois redondant, manque de recul.

Ce n’est ni la position d’un général (comme par exemple la conférence de JOFFRE publié aux éditions Fiacre en 2009), ni les carnets de route d’un soldat mais le texte d’un honnête érudit qui, sans réelle prétention de faire œuvre historique, souhaite témoigner des affaires militaires et surtout des souffrances de ses contemporains.  Et ce n’est pas là le moindre intérêt de ce récit… 

La principale fonction de l’histoire locale n’est-elle pas de redonner au plus grand nombre sa mémoire collective si convoitée et d’aider chacun à s’approprier son passé et son devenir ?

Fernand LEBERT
(Fontainebleau, 1870 – Vic-sur-Cèze, 1939)

Professeur au collège de Meaux à partir de septembre 1888 à 1931, date à laquelle il prend sa retraite, se passionne, comme son collègue Georges GASSIES, pour l’histoire locale. 

Fernand Lebert

Léon BARBIER, maire de Meaux, le nomme bibliothécaire adjoint de la Ville (alors conservée au deuxième étage de la mairie ; il sera titulaire du poste de décembre 1899 à décembre 1912) et le charge des collections du musée, notamment de leur inventaire, de leur classement et de leur mise en valeur. Suite à la séparation des églises et de l’état, LEBERT organise l’agrandissement et le transfert de l’établissement de l’hôtel-de-ville à l’ancien palais épiscopal. Ce sera la grande affaire de sa vie… l’inauguration du musée a lieu le 27 juillet 1927, en présence d’Edouard HERRIOT, alors Ministre de l’éducation nationale qui lui annonce sa nomination au titre de Chevalier de la légion d’honneur. 

Fernand LEBERT a donné plus de cinquante communications à la Société littéraire et historique de la Brie (SlHB), ancêtre de la Société Historique de Meaux et sa Région  http://www.shmr.fr, avant d’en devenir Président à la mort de Georges GASSIES (1933). 

Il participe aussi à l’aventure – éphémère – de la revue Brie et Gâtinais (avec Maurice LECOMTE ; 1909-1911) et publie d’intéressants articles dans l’Almanach de Seine-et-Marne et dans divers périodiques locaux. 

Ses principaux écrits s’intitulent : La bibliothèque de la Ville de Meaux et les bibliothécaires (1903) ; Les origines du musée BOSSUET de la ville de Meaux et ses collections (1904) ; La maison de BOSSUET à Meaux, ancien palais épiscopal (1929). 

Fernand LEBERT est nommé officier d’académie le 15 juillet 1904, puis officier de l’Instruction publique le 2 avril 1912. 

Suite à son décès survenu loin de sa chère ville de Meaux, sa fille Suzanne assure la garde de la bibliothèque et du musée Bossuet. 

« …il convient de rappeler le rôle qu’il (F. Lebert) joua à partir de 1915, pour recueillir, dans les communes qui cernent au nord et à l’est la ville de Meaux, les souvenirs sanglants et glorieux de la Bataille de la Marne. De cette enquête faite sur le terrain et dans les villages, il est résulté huit petits volumes publiés avant même la fin de la guerre sous le titre général l’Invasion dans le Nord de Seine-et-Marne, 1914. 

Je ne connais guère de lecture plus poignante et, soixante-quinze ans après la bataille, il serait encore bon que les enfants des villages concernés puissent lire et relire le récit des souffrances qu’ont connues leurs grands-parents et des exploits qu’ont accomplis le Groupe du général de Lamaze et la Brigade marocaine du général Ditte sur les champs mêmes qui les entourent.

Certes, Fernand Lebert n’avait pas la prétention de se faire l’historien des combats  mais, sur des points précis les témoignages recueillis sont précieux : je pense au volume sur la charge des zouaves à Etrépilly et à celui sur le martyre des otages de Varreddes. Sans doute, en pleine guerre, l’accent patriotique du rédacteur nous parait un peu redondant, mais il nous fait percevoir le cœur de ce professeur que nous n’avions pas encore découvert dans ses travaux d’archiviste. »

Extrait de l’Hommage à Fernand LEBERT par Jean DERICY, ancien Président de la Société littéraire et historique de la Brie pour le cinquantième anniversaire de sa mort

Pour les étapes de la bataille, on pourra se reporter avantageusement à Septembre 1914, Une Chronologie de la bataille de la Marne établie par Raymond Pezant, 2019. 
Pour la bibliographie : www.esaupe77.com

Sans oublier le site dédié au « Circuit Bataille de la Marne 1914 » https://www.circuit-bataille-marne1914.fr pour lequel la SAM2G a largement contribué et où vous pourrez trouver tous les éléments pour préparer au mieux votre visite.

Disponible au prix de 25 euros ou 20 euros pour les adhérents SAM2G
sur la boutique en ligne SAM2G http://sam2g.fr/boutique/

ou aux Editions Fiacre http://www.editions-fiacre.fr

N.B. la nouvelle édition est agrémentée d’un index qui facilité la recherche.

par Damien Blanchard et Jean-Christophe Ponot