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Les projets d’offensive alliées à l’Ouest (2e partie)

En plus des travaux d’état-major réalisés à la 5e armée dès 1916, le général Micheler, qui commande le Groupe d’Arméees de Réserve, demande également aux 6e et 10e armées de plancher sur la préparation de la prochaine offensive dans une instruction personnelle et secrète en date du 6 janvier 1917, instruction dans laquelle il fixe les objectifs de l’offensive et les moyens qui devront être engagés.

L’instruction confirme que l’objectif de la première phase de l’offensive consiste à rompre le front allemand « entre Reims et le canal de l’Aisne à l’Oise » grâce à une « attaque violente, visant du premier coup la conquête des positions de l’ennemi et de toute la zone occupée par son artillerie« . Conformément à l’instruction du 16 décembre 1916, l’Etat-Major français compte sur la puissance de l’artillerie et la vitesse d’exécution de l’assaut par les fantassins pour obtenir la rupture. Nous l’avons dit dans notre précédent article, les moyens en artillerie doivent garantir la puissance du coup porté. Malheureusement, l’artillerie ne pourra pas traiter avec la même efficacité les batteries allemandes situées dans la profondeur du dispositif ennemi. Il faudra donc, comme sur la Somme, s’assurer que les batteries françaises pourront rapidement se redéployer en avant de notre première ligne pour soutenir l’avance des fantassins.

Pour ce qui est de la manoeuvre, le général Micheler envisage d' »ouvrir la porte entre Courtecon et Ailles » et, d’une part, de « concevoir un mouvement encerclant par le sud de l’Ailettte, en direction de la Malmaison« , et d’autre part de « prendre à revers, par la vallée de la Bièvre, l’ensemble des défenses jusqu’au Vieux-Laon« . Conscient du caractère favorable à la défense du terrain choisi pour mener l’offensive, Micheler insiste pour que « les mouvements de manoeuvre » soient « prévus et ordonnés de bout en bout dans leurs détails« . Il insiste même en disant que « la manoeuvre est absolument nécessaire pour venir à bout rapidement de l’ensemble des défenses des collines« . Il y a donc une « nécessité absolue d’obtenir que chaque unité, chaque batterie, sache parfaitement sa manoeuvre« .

Micheler précise que les 5e et 6e armées seront en charge de la rupture du front allemand et qu’elles devront « chercher, dès le premier jour, à dépasser les organisations défensives de l’ennemi et ses batteries par une série d’actions préparées d’avance et s’échelonnant au cours de la journée« . A cet effet, elles « disposeront, chacune, de quatre corps d’armée, formant la masse d’attaque« , et d’un autre corps d’armée pour tenir « le front provisoirement défensif » ainsi que d’une division de cavalerie pour assurer tactiquement la percée. Micheler pense que la rupture peut être obtenue au plus tard à J+1 et qu’il pourra ainsi engager la 10e armée pour exploiter la brèche créée par les 5e et 6e armées.

Il est clair à la lecture de ces instructions que l’Etat-Major français, sous l’impulsion de Nivelle, tente de reproduire à très grande échelle la même « recette » que celle employée à Verdun le 24 octobre 1916 sur un front d’à peine quelques kilomètres. Cette idée de « recette » du succès ne tient absolument pas compte de l’ampleur du front d’attaque – plusieurs dizaines de kilomètres cette fois – et surtout néglige la qualité de la position défensive du Chemin des Dames que les Allemands ont aménagé et fortifié en utilisant à merveille les creutes et les contre-pentes pour limiter l’impact d’une éventuelle préparation d’artillerie.

A suivre…

SYLVAIN FERREIRA

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